Harmonie Colmarienne
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19 janvier 2008

Interview de Thierry

 Questions à... Thierry Schutzger

Chapo Le chef d’orchestre fêtera ses dix ans de direction à l’Harmonie Colmarienne lors du concert de gala donné ce dimanche à l’église Saint-Matthieu. Les yeux brillants de souvenirs, il revient sur sa carrière et la naissance de sa vocation.

 

C’est avec la même énergie et la même passion que Thierry Schutzger, 41 ans, manie la baguette de l’Harmonie Colmarienne depuis maintenant dix ans, au rythme des répétitions hebdomadaires, des week-ends de travail et des concerts. Pourtant, c’est un peu par hasard, ou du moins le pense-t-il, que ce trompettiste originaire d’Hunawihr a endossé les habits de chef d’orchestre amateur.

 

Céline Bechler : Quel regard portez-vous sur ces dix dernières années passées à la baguette de l’HC ? 

Thierry Schutzger : Un regard positif, car les progrès réalisés sont visibles. Avec l’aide des musiciens et du comité, je pense être arrivé à faire de l’Harmonie Colmarienne une harmonie jeune et dynamique au répertoire plus varié.

 

CB : Devenir chef d’orchestre, était-ce une vocation ?

TS : Non, c’est plutôt le fruit du hasard. A l’époque où l’Harmonie Colmarienne était dirigée par Albert Zeh, je faisais travailler le pupitre des trompettes en vue des concerts de gala. C’est suite à cela qu’il m’a tout d’abord proposé de prendre sa place à la tête de l’ensemble des jeunes, en 1994. Trois ans plus tard, pour la saison 1997-1998, suite à sa proposition, je lui ai succédé à la direction de la grande formation. De toute évidence, c’est en pratiquant qu’est venue ma vocation.

 

CB : Vous souvenez-vous de votre premier concert ? 

TS : Oui, bien sûr ! La première partie du concert était dirigé par Albert Zeh et moi je jouais dans le pupitre des trompettes. C’est en deuxième partie que j’ai pris la baguette. Je me souviens que j’avais très mal au ventre et que ma main tremblait. Pour me donner du courage, quelques flûtistes s’étaient amusées à gribouiller des mots d’encouragement sur mon conducteur. Dix ans après, le trac est toujours là avant les concerts. C’est certainement le point final à tant de travail.

 

CB : Est-ce facile d’être chef d’orchestre ? 

TS : Non, loin de là. Vous savez, il y a plus de 60 musiciens à motiver chaque semaine, et je leur demande beaucoup d’investissement. Ce n’est pas évident à gérer tous les jours.

 

CB : Et vous, quelle est votre part d’investissement ?

TS : Demandez plutôt à ma conjointe ! Non, sans rire, c’est inévitablement un investissement important. Il ne faut pas oublier que pour moi, ça reste une activité en plus de mon travail. Il faut assurer une répétition par semaine de septembre à juin, sans compter la préparation des concerts qui nécessite des répétitions supplémentaires pendant quatre mois et un week-end de stage. Il y a donc des semaines où la musique m’occupe chaque soir. C’est ça la passion.

 

CB : Comment vous impliquez-vous dans l’interprétation d’une œuvre ?

TS : J’essaye de me rapprocher le plus possible de l’interprétation originale du morceau, même s’il m’arrive de rajouter quelques ralentis ou crescendo en fonction de mes sentiments et de mon ressenti par rapport à la mélodie. Je fonctionne beaucoup au coup de cœur et la plupart du temps, quand j’écoute un morceau qui me plait pour la première fois, le reste vient comme une évidence.

 

CB : Pour vos dix ans, avez-vous préparé quelque chose de spécial ?

TS : En fait, pour fêter cet anniversaire, je voulais impliquer tous les musiciens. Je me suis dit que ce serait sympa si c’était eux qui choisissaient mon « best-of ». L’an dernier, chacun d’entre eux a donc voté pour ses morceaux préférés parmi toutes les œuvres que j’ai dirigés lors des concerts de gala de ces dix dernières années. Les œuvres qui ont eu le plus de voies, qui sont aussi parmi les plus belles de notre répertoire, sont celles que nous jouerons dimanche.

En ce qui me concerne, je n’ai eu le droit de choisir qu’un seul nouveau morceau et j’ai sélectionné Pirates des Caraïbes de Hans Zimmer. Il ouvrira le concert de gala avec une partie chantée et un solo de percussions... Comme pour l’ensemble du concert, nous avons imaginé une mise en scène spéciale avec des effets de lumière et une projection vidéo.

 

CB : Comment voyez-vous l’avenir de l’Harmonie Colmarienne ? Repartez-vous pour dix ans ?

TS : Sincèrement, je ne sais pas. Tant que les musiciens seront enthousiastes et volontaires, je le serai aussi. Ce que je souhaite, c’est de continuer à faire progresser l’Harmonie Colmarienne et pourquoi pas, de nous faire connaître un peu plus loin en sortant de nos concerts traditionnels.

 

Propos recueillis par Céline Bechler

Photo DR ou Céline Bechler


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Albert Zeh
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